Glossaire de référence

Le Lexique de la Commande Publique au Maroc.

Du Règlement de Consultation à l'Acte d’Engagement. Décryptez le jargon du Décret n° 2-22-431 et découvrez comment Tractis automatise chaque étape de vos soumissions.

Dernière mise à jour :

A
1 terme

Lettre A

Acte d’Engagement (AE)

L'Acte d'Engagement est la pièce du dossier financier par laquelle le concurrent s'engage formellement à exécuter les prestations objet du marché au prix qu'il propose. Il porte l'identité du soumissionnaire, l'objet de la consultation, le montant de l'offre en chiffres et en lettres, et la signature de la personne habilitée à engager l'entreprise. Il est établi au moment de la préparation de l'offre et déposé avec le reste du dossier ; une fois le marché attribué et approuvé, il matérialise l'engagement contractuel du titulaire. C'est la pièce qui transforme un chiffrage interne en offre opposable : son montant doit concorder avec le Bordereau des Prix et le détail estimatif.

Voir la génération automatique des pièces

À retenir

Une discordance entre le montant en chiffres et le montant en lettres, ou une signature apposée par une personne non habilitée, suffit à faire écarter l'offre — c'est l'une des causes de rejet les plus fréquentes.

B
1 terme

Lettre B

Bordereau des Prix (BDP)

Le Bordereau des Prix est le document financier qui détaille, poste par poste, les prix unitaires ou forfaitaires proposés par le concurrent. Dans un marché à prix unitaires, il est accompagné du détail estimatif, qui multiplie chaque prix unitaire par la quantité prévue pour obtenir le montant total de l'offre. Il se remplit à partir du cadre imposé par le CPS, sans en modifier la structure, les intitulés ni les unités. C'est la pièce qui expose la construction du prix : une erreur de calcul, un poste laissé vide ou un report inexact entre le bordereau, le détail estimatif et l'acte d'engagement conduit à l'écartement de l'offre.

Voir le module de chiffrage

En pratique

Avant le dépôt, vérifiez trois cohérences : les quantités reprises du détail estimatif, les totaux ligne à ligne, et l'égalité entre le total du bordereau et le montant porté sur l'acte d'engagement.

C
2 termes

Lettre C

Cahier des Prescriptions Spéciales (CPS)

Le Cahier des Prescriptions Spéciales est la pièce du cahier des charges qui fixe les clauses propres à un marché déterminé : objet et consistance des prestations, spécifications techniques, délais d'exécution, pénalités de retard, modalités de règlement, conditions de réception. Il complète les documents généraux applicables à tous les marchés de même nature. Le concurrent l'étudie dès la phase d'analyse, en même temps que le Règlement de Consultation, et le paraphe page par page avant de le joindre à son offre. C'est le document qui devient la loi des parties une fois le marché conclu : ce qui n'y figure pas ne sera pas dû, et ce qui y figure s'impose au titulaire.

À retenir

Lisez les articles relatifs aux pénalités, aux délais et aux conditions de réception avant de chiffrer : ce sont eux qui déterminent le risque réel du marché, pas seulement son montant.

Caution Provisoire

La caution provisoire, ou cautionnement provisoire, est une garantie — le plus souvent bancaire — que le concurrent joint à son offre lorsque le Règlement de Consultation l'exige. Elle a pour objet de garantir le sérieux de l'engagement : elle couvre le Maître d'Ouvrage si le soumissionnaire retire son offre avant l'attribution ou refuse de signer le marché qui lui est attribué. Son montant est fixé par le Règlement de Consultation, et sa durée de validité doit couvrir le délai pendant lequel les offres restent engageantes. Elle est restituée aux concurrents non retenus après l'attribution, et à l'attributaire lorsqu'il constitue le cautionnement définitif.

En pratique

Anticipez le délai d'émission auprès de votre banque et contrôlez deux points sur l'attestation : le montant exact demandé par le règlement, et une validité qui dépasse la date limite de dépôt.

D
1 terme

Lettre D

Déclaration sur l’Honneur (DH)

La Déclaration sur l'Honneur est la pièce du dossier administratif par laquelle le concurrent atteste, sous sa responsabilité, des éléments que l'acheteur ne vérifie pas au stade du dépôt : identité et qualité du signataire, références de l'entreprise, situation régulière au regard de ses obligations fiscales et sociales, absence de situation d'exclusion de la commande publique, et engagement à ne pas recourir à des pratiques d'influence. Elle se rattache à une consultation précise et se signe pour chaque soumission. Sa fonction est de permettre le dépôt sans attendre la production de tous les justificatifs, ces derniers n'étant exigés que du concurrent retenu.

Voir l'assemblage du dossier

En pratique

Une déclaration reprise d'une consultation antérieure, non datée ou non signée par la personne habilitée est traitée comme une pièce manquante. Reprenez-la à chaque dossier.

E
2 termes

Lettre E

Écartement (Rejet de l’offre)

L'écartement est la décision par laquelle la commission d'appel d'offres exclut un concurrent de la suite de la procédure. Il intervient lors de l'examen des dossiers, avant même l'évaluation technique et financière pour les motifs administratifs. Les causes sont de trois ordres : administratif (pièce manquante, déclaration non signée, caution non conforme), technique (moyens ou références insuffisants au regard du Règlement de Consultation) et financier (erreur de calcul, offre non justifiée). L'écartement est définitif pour la consultation concernée : il n'existe pas de régularisation après l'ouverture des plis, ce qui fait de la vérification formelle du dossier un enjeu au moins aussi important que la compétitivité du prix.

À retenir

La majorité des écartements tient à des causes formelles évitables — une pièce oubliée, une signature manquante, un report de chiffre erroné — et non à un prix trop élevé.

Estimation du Maître d’Ouvrage (EMO)

L'Estimation du Maître d'Ouvrage est l'évaluation du coût des prestations établie par l'acheteur public avant le lancement de la consultation. Elle lui sert à dimensionner son budget, à choisir la procédure applicable et à vérifier la disponibilité des crédits. Pendant l'examen des offres, elle devient le point de repère de la commission : c'est par rapport à elle qu'une offre est jugée excessive, ou au contraire anormalement basse et donc susceptible de demander des justifications. Elle explique pourquoi deux offres au même prix ne sont pas perçues de la même manière selon le marché : c'est l'écart à l'estimation, et non le montant absolu, qui est analysé.

En pratique

L'estimation n'est pas toujours rendue publique. À défaut, situez votre prix à partir des montants attribués sur des marchés comparables du même acheteur.

M
1 terme

Lettre M

Maître d’Ouvrage (MO)

Le Maître d'Ouvrage, aussi appelé acheteur public, est la personne morale de droit public pour le compte de laquelle le marché est passé : administration de l'État, département ministériel, collectivité territoriale, établissement public ou entreprise publique. C'est lui qui définit le besoin, établit le cahier des charges, publie l'avis de consultation, préside la commission d'appel d'offres, notifie l'attribution, suit l'exécution et prononce la réception des prestations. Identifier le Maître d'Ouvrage d'une consultation renseigne sur le cadre applicable, les délais de paiement usuels et l'historique des attributions — autant d'éléments utiles pour décider de soumissionner ou non.

En pratique

Avant de vous engager, regardez les marchés déjà attribués par le même acheteur : ils indiquent les niveaux de prix retenus et le type d'entreprises habituellement sélectionnées.

O
1 terme

Lettre O

Offre Anormalement Basse (OAB)

Une offre est dite anormalement basse lorsque son montant est inférieur à l'EMO dans une proportion telle que la commission doute de la capacité du concurrent à exécuter le marché dans des conditions normales — un écart de l'ordre de 25 % pour les marchés de travaux est communément retenu comme seuil d'alerte. La commission ne peut pas rejeter une telle offre d'office : elle invite le concurrent à justifier son prix par écrit, par exemple au moyen du sous-détail des prix, de devis fournisseurs ou de conditions d'exécution particulières. L'offre n'est écartée que si les justifications ne sont pas fournies ou ne sont pas jugées convaincantes. Le mécanisme protège l'acheteur d'un abandon en cours d'exécution autant qu'il protège la concurrence de prix insoutenables.

Lire : le guide de l'offre anormalement basse

En pratique

Si votre prix est nettement en dessous du marché, préparez le sous-détail des prix et les devis fournisseurs avant le dépôt : le délai laissé pour répondre à la commission est court.

R
1 terme

Lettre R

Règlement de Consultation (RC)

Le Règlement de Consultation est la pièce du dossier d'appel d'offres qui organise la consultation elle-même. Il énonce les conditions de participation, la liste exhaustive des pièces à produire dans les dossiers administratif, technique et financier, les critères d'évaluation et leur pondération, le montant éventuel de la caution provisoire, ainsi que les modalités et la date limite de dépôt des offres. Il se lit avant toute autre pièce, y compris le Cahier des Prescriptions Spéciales : c'est lui qui détermine si une entreprise est éligible et ce qu'elle doit fournir pour que son offre soit recevable. Toute exigence qu'il formule est opposable, et toute pièce qu'il réclame et qui manque entraîne l'écartement.

À retenir

La liste des pièces du Règlement de Consultation fait foi. Transformez-la en check-list dès la lecture, et cochez chaque élément avant le dépôt plutôt qu'après.

Aller plus loin

Questions fréquentes

Les deux pièces répondent à deux moments différents. Le Règlement de Consultation régit la compétition : qui peut concourir, quelles pièces déposer, comment les offres seront notées, jusqu'à quand déposer. Il cesse de produire effet une fois le marché attribué. Le Cahier des Prescriptions Spéciales régit l'exécution : ce qu'il faudra livrer, dans quels délais, avec quelles pénalités et quelles modalités de paiement. Il continue de s'appliquer pendant toute la durée du marché. Autrement dit, le premier détermine si votre offre sera recevable, le second détermine ce à quoi vous vous engagez si vous êtes retenu. Un concurrent lit le premier pour savoir s'il peut candidater, le second pour savoir à quel prix.

De la théorie à l'action

La théorie, c'est bien. L'automatisation, c'est mieux.

Maîtriser le vocabulaire ne suffit plus. Tractis transforme chaque définition de ce lexique en une fonctionnalité concrète qui vous fait gagner des marchés.